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Je dois bien l’avouer : je ne peux pas jouer à F1GP2 sans finir, à un moment ou l’autre, par tourner à l’envers en vue de provoquer des accidents monstrueux. Quelle ne fut donc pas ma surprise lorsque le test de Carmageddon me fut confié ! Le principe est simple : à bord d’une voiture blindée, il faut massacrer les concurrents (comme dans Destruction Derby), sur des circuits ouverts avec plein d’embranchements. Sur la piste, il y a des check-points, des marquages pour suivre la bonne route, et des piétons. Le problème c’est que la voiture n’est pas très maniable, la route est trop accidentée, et retrouver les check-points n’est pas toujours évident lorsqu’on s’est perdu en route au cours d’un corps à corps mécanique. Finir premier est donc assez difficile. Heureusement, les concepteurs dérangés de ce jeu ont pensé à ça aussi : on a accès à une carte où sont mentionnés les check-points et les adversaires. Pas mal. Mieux : finir premier, on s’en fout carrément. Car les deux buts de ce jeu sont en fait les suivants : massacrer les concurrents et écraser, si possible, tous les piétons (plusieurs centaines, quand même !). Un problème surgit alors : se faire rentrer dedans, percuter les murs et les adversaires endommage son véhicule ; on se retrouve donc en plein Destruction Derby, à gérer ses dommages. Pour ne pas gaspiller une goutte d’adrénaline, il est donc possible de réparer la voiture en direct, alors même qu’on roule : cela coûte de l’argent, argent que l’on gagne en défonçant les adversaires et en aplatissant les piétons. On se retrouve sur le toit, sans possibilité de se retourner ? No problemo, on paye et hop, on peut continuer ! On peut même rouler sous l’eau ! Vous allez me dire que, franchement, écrabouiller des piétons, c’est vraiment ignoble : pas tant que ça en fait. C’est comme dans les films gores, il y a tellement de sang et de tripes, tellement de cadavres, tellement d’exagération, que ça en devient assez drôle… Il y a un petit côté Brain Dead – le film de Peter Jackson –, avec la séquence de fin où le héros massacre une horde de zombies à la tondeuse à gazon. C’est énorme, mais c’est une forme de comique. Dans ce jeu, c’est pareil, rien n’est pris au sérieux, le but étant de déconner un maximum sans aucune contrainte. La seule motivation est de découvrir tous les circuits, toutes les voitures, et de réussir à tuer tout le monde dans le temps imparti.
Bon, après cette longue mise en garde, parlons technique : pas terrible. Oui, je sais, c’est bien dommage, mais c’est comme ça. Heureusement dans le feu de l’action, on oublie les graphismes assez laids, l’animation pas toujours au poil, et le maniement un peu délicat des voitures. Repensez à Destruction Derby et comparez : ici, on roule souvent assez lentement pour placer sa cible dans la mire, puis on fonce, on recule, on fonce, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de l’ennemi. Du coup, la vitesse et le rayon de braquage sont assez secondaires. L’ambiance, quant à elle, est vraiment excellente : les circuits sont vraiment originaux, les cascades des voitures très impressionnantes et le visage du pilote en incrustation augmente encore la violence des chocs. Un jeu trash, méchant, d’un mauvais goût exquis, qui plaira à tous les jeunes qui ne sont plus ce qu’ils étaient croyez-moi madame Michu, je ne sais pas où on va… Reste que l’on se lasse tout de même assez vite de ce jeu, dont l’ambiance délirante ne suffit pas à faire oublier son intérêt limité. |
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