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La surprise (et la controverse) de Metal Gear Acid est de proposer un jeu tactique où l'unique moyen de progresser se résume à sélectionner des cartes. Ce concept ne plaira sûrement pas aux fans de la première heure, et on les comprendra. Acid leur laissera un goût amer…
Si MGA s'éloigne radicalement du concept original qui a fait le succès de la série, les qualités graphiques sont à la hauteur de Metal Gear Solid 2 sur PS2. On est bluffé par le rendu 3D d'excellente facture et la fluidité des actions. On notera quelques effets d'aliasing mais rien de bien méchant. La réalisation est sublime, et paradoxalement, cela ne rend que plus regrettable le parti pris des développeurs. Vu ses capacités, un jeu d'infiltration aurait été plus approprié. Faut-il croire que les portables ne sont destinées qu'aux jeux de réflexion ?
Trop acide… Pas assez sucré...
Les sept ans de travail afin de mettre au point un gameplay toujours plus innovant durant l'évolution de la série, sont ici réduits à néant. Etant donné la nature du soft, la maniabilité est très simple et ne posera aucun problèmes puisqu'il s'agit d'un jeu de cartes. Tout repose sur l'anticipation du joueur suivant les situations. Vous disposez d'un deck de trente cartes maximum. Six d'entre elles sont distribuées aléatoirement durant la partie, vous avez à droit à deux tours d'affilés. A la fin de ces deux tours, votre panel de carte est rechargé. Celles-ci sont divisées en plusieurs catégories : Armes, Déplacements, Equipements et Soutiens.
Il n'y a pas de limite de temps, vous pouvez donc élaborer votre stratégie au calme en évaluant chaque action et ses répercussions. Vous aurez toujours plusieurs possibilités d'aborder une mission, aucune partie ne peut se ressembler, un peu comme Tetris... Chacune de vos décisions est importante, voire décisive, une simple erreur de calcul peut être fatal. Les ennemis bénéficient d'une bonne Intelligence Artificielle et pourront parfois vous surprendre par leur perspicacité. A chaque fin de mission, on vous attribue une série de points vous permettant d'acheter des cartes et par la même occasion d'organiser votre deck en fonction.
Une bonne atmosphère mais une difficulté ardue
L'intrigue, quant à elle, est fidèle à l'univers de la série, elle prend place quelques années après Metal Gear Solid 2. En 2016, le sénateur Hach, candidat à la présidence des Etats-Unis, est victime d'une prise d'otage aérienne. Les terroristes réclament au gouvernement américain, le " Pythagoras " (nom de code désignant un projet top-secret) que ces derniers n'ont pas. Bien évidemment, avant de céder à la demande, le gouvernement envoie l'un de ses meilleurs hommes, le légendaire Solid Snake… A chaque mission, un tuteur interviendra via le Codec, et vous expliquera comment gérer vos cartes. Les séquences de dialogues sont toujours aussi longues, c'est un de rares points commun avec les autres titres de la série.
Le stick analogique permet de déplacer la caméra, et les boutons L et R de changer d'angle de vue. On notera quelques problèmes de visibilité malgré tout, mais ça reste acceptable. Les cinématiques, composées de dessins fixes en 2D sont longues et parfois ennuyeuses. On regrettera surtout l'absence de voix des personnages. A part ça, L'ambiance sonore est très bonne. La musique, rythmée suivant les phases de jeu, collent parfaitement à l'atmosphère oppressante des situations. L'utilisation des écouteurs optimise le rendu sonore et renforce l'immersion. Le jeu n'est pas long, mais sa difficulté en rebutera certains. Les affrontements contre les boss sont souvent ardus, et devrait en décourager plus d'un. Mieux vaut être amateur d'échec pour apprécier à sa juste valeur ce système de cartes et de manière plus générale, ce jeu hybride de Konami. Finalement, cet épisode n'a de Metal Gear que le nom… |
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