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Eric Chahi est le cas classique du jeune développeur indépendant. Il a en effet réalisé son premier titre, Another World, à l'âge de 24 ans. Mais là où son cas devient atypique, c'est l'immense succès remporté à travers le monde par son titre. C'était en 1992. Six années plus tard, il revient avec une équipe et nous ressert un jeu de plate-forme, qui malheureusement manque cruellement d'intensité.
Concept vieillot
Sous bien des aspects, Heart of Darkness, s'apparente aux vieux jeux de plate-forme que l'on trouvait sur des machines comme l'Amstrad CPC, le Commodore 64, l'Atari 520 ST et l'Amiga. En effet, le concept de base est très proche de Manic Miner ou Mouse Trap car la jouabilité impose des sauts au pixel près (pour ne pas dire au micromètre près), tout en évitant des monstres grâce à un bon timing (à la nanoseconde près). Bien que les graphismes soient largement supérieurs à ces antiques productions (ils feraient bonne figure sur Super Nintendo, mais peuvent apparaître désuets sur 32 bits), ils manquent de profondeur de champ. De très belles scènes cinématiques rachètent l'ensemble. Mais heureusement pour lui, et surtout pour nous, l'intérêt du jeu ne réside pas dans sa réalisation, mais dans son principe. Et bien qu'il ne soit pas le grand qu'on espérait, HoD demeure un sympathique jeu de plate-forme qui s'annonce difficile pour une majorité de joueurs.
Vous incarnez Andy, un garçonnet qui ne rêve que d'évasion et d'aventure (bref le cliché du gosse surdoué à la Steven Spielberg) et qui va avoir l'occasion d'en découdre avec des monstres d'une autre dimension qui ont kidnappé son chien Whisky. La volonté des programmeurs est on ne peut plus évidente : il faut surprendre le joueur à chaque tableau.
Dépaysement total
La magie opère lors des premières minutes de jeu. Une ombre vous enlève, une falaise s'écroule, un pont se crée, une gueule sculptée se referme, une colonne vertébrale se transforme en escalier, etc. Le tout donne un certain rythme car vous n'avez que quelques secondes pour agir. Hélas, votre progression se fait écran par écran, sans aucun scrolling, cassant du même coup ce fameux rythme. Et par la suite, l'aventure prend des airs de flashback : sur une dizaine d'écrans fixes, vous devez trouver les actions à effectuer dans le bon ordre, pour pouvoir débloquer les accès et éviter les pièges. Vous l'aurez donc compris, Heart of Darkness a un air de déjà vu.
Et ce, tant dans sa réalisation, que dans son principe et ce n'est pas sa jouabilité qui rachète l'ensemble. Traditionnellement, dans le domaine du jeu de plate-forme, on trouve deux écoles. D'un côté le modèle japonais autorise l'erreur et les sauts au dernier moment (Mario en est l'apôtre), de l'autre, le modèle européen, dit au "pixel-près", où vous n'avez absolument pas droit à l'erreur (c'est le cas pour HoD). Il n'est pas rare de mourir vingt ou trente fois (les vies sont illimitées) avant de passer au puzzle suivant. Frustrant. Un titre à essayer avant d'acheter. |
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