|
|
|
---
|
|
The
Suffering
|
|
Quand
l'action l'emporte sur la peur
|
|
par
Roswell | 26.02.2005
|
|
---
|
|
|
| |
Si
le marché du survival-horror est principalement
dominé par des titres comme Resident Evil ou Silent
Hill, c'est régulièrement qu'on a droit
à de nouveaux venus. Avec parfois de bonnes surprises
comme Forbidden Siren ou Obscure, c'est au tour de Midway
de lancer son premier titre du genre avec The Suffering... |
|
|
---
|
|
The
Suffering
|
|
Sorti
l'année dernière sur PS2 et Xbox, The Suffering
est un survival-horror ayant pour contexte l'univers carcéral.
Comme son nom l'indique (suffering signifie douleur en anglais),
l'ambiance glauque est censée vous plonger dans la perception
de la souffrance et de vos peurs les plus inconsidérées.
Un thème classique pour ce type de jeu, qui trouve tout
son intérêt en vous proposant d'incarnez un détenu.
Loin d'être un criminel de bas étage, Torque, est
condamné à mort par voie létale suite au
meurtre de sa femme et de son fils. Inutile de préciser
que c'est un vrai dur et que ce n'est pas une égratignure
qui le fera pleurer. Torque n'est pas un poète non plus,
et il ne mâche pas ses mots, crus et vulgaires. Cela ne
sera pas du goût de tous certes, mais ça contribue
grandement à l'atmosphère du jeu. L'intrigue captive
et se dote de rebondissements bienvenus. Située sur une
île, La prison où Torque a été incarcéré,
se trouve prise d'assaut par des monstres qui éradique
toute forme de vie humaine en un temps record. Cet horrible
événement est un mal pour un bien qui est lui-même
est un mal
vous me suivez ? Cela permettra au " héros
" d'être libéré de sa geôle mais
le confrontera également à l'horreur pure et dure.
Au milieu de sols ensanglantés où traînent
des cadavres décharnés et déchirés,
Torque devra s 'armer de sang froid et ne pas se laisser tenter
par le suicide (ce serait dommage puisqu'il échappe à
sa condamnation à mort).
Les spécificités de la détention sont ici
mises à contribution tel que le sentiment de claustrophobie.
De plus, il s'agît d'un double éloignement du monde
: d'une part par les barreaux de la prison mais également
par l'espace très clos de l'île. L'enfermement
vécue par Torque est donc une manière de se retrouver
face lui-même, et plus précisément une évaluation
de son " humanité " véhiculée
par vos choix. Plusieurs possibilités s'offrent alors
à vous durant votre parcours, entre les cris cinglants
parvenant des endroits les plus sombres, il vous faudra prendre
une décision : venir en aide à vos homologues
ou bien continuer votre chemin par peur d'affronter des monstres.
Au premier abord, subtil dans cette démarche, The Suffering
n'atteint pourtant pas la réflexion d'un Silent Hill,
et la comparaison souligne cette disparité de façon
flagrante. En effet, peu à peu, le joueur est obligé
d'user de son arme jusqu'à plus soif, transformant la
progression en véritable chemin de bataille. C'est d'autant
plus vrai, que The Suffering, s'ajoute un élément
bien distrayant : la possibilité pour Torque de se changer
en monstre ! Cette option n'est pas prévue pour disserter
des enjeux politiques de demain, c'est sûr, c'est plutôt
un bon moyen d'éradiquer la menace efficacement.
Le titre de Midway n'est pas dénué de réflexions
psychologiques pour autant, et prend comme fil conducteur la
mort. Présente tout le long du jeu, elle se trouve ici
représentée par les lieux indécents de
la prison. Lors de votre progression, vous croiserez bien évidemment
des monstres qui n'ont pas le sens de l'accueil. Il ne faudra
pas leur en vouloir, vu leur aspect ont peut comprendre qu'ils
ne soient pas ravis !
|
|
---
|
|
Proche
de Silent Hill en moins malsain
|
|
La
réalisation est loin d'être ce qui se fait de mieux
et les graphismes sont plutôt médiocres, le plus
gênant étant cet effet persistant d'aliasing. Le
tout paraît forcément grossier en comparaison des
titres concurrents, les décors extérieurs sont
un brouillon qui auraient mérités plus d'attention
de la part des développeurs. C'est d'autant plus regrettable
que le lieu se prêtait à de bonnes idées.
Tout n'est pas non plus noir sur le tableau, il faut reconnaître
que l'architecture des intérieurs est souvent bien pensée
et bénéficie de beaux jeux de lumières
mais demeure sous-exploitée à cause de textures
trop grossières. L'animation se révèle
d'un meilleur niveau, les mouvements des assaillants comme ceux
de Torque sont très bien rendus. La bande-son est très
soignée, les cris de douleurs tout comme le bruit des
métaux sont bien restituées. C'est là l'occasion
idéale de brancher un son 5.1 et de se plonger dans un
noir total. L'effet d'immersion est alors immédiat et
l'ambiance acoustique prend toute son ampleur. La musique quand
à elle soutient de manière hasardeuse votre évolution
et participent au vide auquel vous êtes confronté.
La particularité du titre de Midway réside également
dans sa jouabilité, s'inspirant d'un gameplay à
la Halo, il vous propose une vue aussi bien subjective qu'à
la troisième personne. On préfèrera néanmoins,
évoluer avec cette dernière. La prise en main
est difficile et ardue, elle requiert un bon temps d'adaptation
avant de pouvoir profiter de son étendue. Une fois maîtrisée,
on prend plaisir à constater que votre personnage est
vif, contrairement à la quasi-totalité des survival-horror
où vous dirigez un héros souvent pataud. La durée
de vie, comme beaucoup d'autres titres du genre, est malheureusement
trop limitée puisqu'une dizaine d'heures suffit à
boucler le jeu. Les trois cinématiques alternatives viennent
maigrement combler ce manque. On regrettera la linéarité
du soft, étant donné que tous les éléments
étaient présents pour éviter la lassitude.
|
|
---
|
|
The
Suffering : Ties That Bind.
Claustrophobe ? Moi ? Jamais !
|
|
Un
an après le premier épisode, voilà que
Midway remet le couvert, bien décidé à
se réserver une place dans les rayons du survival-horror.
Le contexte prendra place cette fois-ci dans la ville de Baltimore,
ravagée par des monstres, fini donc les délires
carcérales et bonjour le milieu urbain. Premier élément
important, les possesseurs du premier volet auront l'occasion
d'utiliser leur sauvegarde afin de continuer le jeu là
où il s'était arrêté ! Une manière
originale annonçant qu'il s'agît bien d'une suite
directe. De plus, par rapport à la fin alternative que
vous aurez débloqué dans l'ancienne sauvegarde
dépendra également le cours de votre progression.
Belle initiative de la part des développeurs qui devrait
ravir les fans. Pour en revenir à l'histoire, Torque,
après s'être échappé de l'île
pénitentiaire, n'a pas le temps de clamer haut et fort
sa liberté qu'il se doit de faire face à de nouvelles
menaces. Bien décidé à vivre (en a t'il
seulement encore le droit ?), l'ancien bagnard disposera d'un
panel d'armes très diversifiés qui pèseront
lourd dans l'inventaire. Du simple colt au lance-roquette en
passant par le fusil à pompes et les cocktails molotov,
Torque se dote de ressources aussi nécessaires qu'expéditives.
La possibilité de se changer en monstre sera toujours
de la partie. Mon instinct de détective me dit que les
énigmes seront encore moins présentes que dans
l'opus précédent (elles étaient déjà
peu nombreuses). En effet, à l'heure actuelle on a rien
qui ressemble à un minimum de réflexion. L'action
devrait donc avoir la part belle dans cet épisode, l'éloignant
de toute subtilité d'un Silent Hill. Le titre s'apparente
plus à du " ménage de bestioles " qu'à
une recherche approfondie encore décelable dans The Suffering
premier du nom. Le côté survie est laissé
de côté au profit d'un jeu de tir, seul le contexte
horrifique n'est pas changé. Les stratégies consisteront
essentiellement à se protéger des attaques ennemis
(se couvrir derrière des voitures ou s'enfouir dans des
trous au sol par exemple).
Côté monstres, il y aura de quoi faire avec l'ajout
d'une quinzaine de nouvelles créatures. On retrouve également
les drôles de zombies déformés par la douleur
issu du précédent opus. Du chien à tête
humaine à l'homme aux milles piqûres létales
(remplacées ici par des seringues de drogues), sans oublier
des ogres aux bouches tentaculaires, ce ne sont pas les câlins
qui manqueront. Leur aspect est en corrélation avec le
milieu urbain soulignant tout ce qu'il y a de plus sombre dans
la vie citadine. Loin des bestioles, vous affronterez également
des unités d'élites paramilitaires
Vous
croiserez aussi des personnes qui ne vous veulent pas de mal
(si, si, ça existe) au détour d'une ruelle. A
commencer par Jordan, une femme en quête d'informations
sur les mystérieuses créatures, ainsi que le docteur
Killjoy. D'anciens démons viendront hanter Torque et
en particulier le souvenir de sa femme
Est il fou ? La
question reste toujours en suspend. Le jeu reprend la possibilité
d'aider les personnes en danger. La décision de ces actions
auront des répercussions sur l'ensemble du jeu mais seront
aussi l'occasion d'augmenter sa jauge de " fureur ".
Une fois pleine, elle vous autorise à vous transformer
en bête, un élément à ne pas négliger
durant les phases difficiles.
Au niveau du gameplay on retrouve la possibilité de choisir
entre une vue subjective ou une vue à la troisième
personne. Quelques améliorations ont étés
ajoutés concernant les mouvements du héros tel
que les sauts, qui faisaient souvent défaut dans le volet
précédent, ainsi que la capacité de ramper
contre mur ou de s'accroupir. Il reste encore un léger
problème de caméra parfois mal placée.
La qualité des graphismes a été revue à
la hausse tout comme l'animation réaliste des protagonistes.
Le niveau de détail est de bonne facture, et, le méchant
effet d'aliasing du premier volet semble cette fois-ci banni.
Les effets de lumières sont nombreux et bien élaborés
au même titre que les textures salies composant la ville.
Naturellement, les qualités visuelles s'en trouvent grandies
sur Xbox en comparaison de la PS2. L'ambiance sonore n'est pas
en reste, le peu qui nous a été permis d'écouter
laisse présager une aussi bonne acoustique que celle
du premier épisode. Malgré une réalisation
qui devrait tenir ses promesses, on se pose néanmoins
des questions concernant sa nouvelle orientation. En effet,
le milieu carcéral était propice à évoquer
les peurs les plus enfouies puisque intérieur. Il est
peu probable de retrouver cette sensation durant cette nouvelle
aventure. Ceci dit une bonne surprise est toujours possible.
Le rendez-vous est donc donné pour septembre prochain
sur PS2 et Xbox.
|
|