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The Suffering
Sorti l'année dernière sur PS2 et Xbox, The Suffering est un survival-horror ayant pour contexte l'univers carcéral. Comme son nom l'indique (suffering signifie douleur en anglais), l'ambiance glauque est censée vous plonger dans la perception de la souffrance et de vos peurs les plus inconsidérées. Un thème classique pour ce type de jeu, qui trouve tout son intérêt en vous proposant d'incarnez un détenu. Loin d'être un criminel de bas étage, Torque, est condamné à mort par voie létale suite au meurtre de sa femme et de son fils. Inutile de préciser que c'est un vrai dur et que ce n'est pas une égratignure qui le fera pleurer. Torque n'est pas un poète non plus, et il ne mâche pas ses mots, crus et vulgaires. Cela ne sera pas du goût de tous certes, mais ça contribue grandement à l'atmosphère du jeu. L'intrigue captive et se dote de rebondissements bienvenus. Située sur une île, La prison où Torque a été incarcéré, se trouve prise d'assaut par des monstres qui éradique toute forme de vie humaine en un temps record. Cet horrible événement est un mal pour un bien qui est lui-même est un mal… vous me suivez ? Cela permettra au " héros " d'être libéré de sa geôle mais le confrontera également à l'horreur pure et dure. Au milieu de sols ensanglantés où traînent des cadavres décharnés et déchirés, Torque devra s 'armer de sang froid et ne pas se laisser tenter par le suicide (ce serait dommage puisqu'il échappe à sa condamnation à mort).
Les spécificités de la détention sont ici mises à contribution tel que le sentiment de claustrophobie. De plus, il s'agît d'un double éloignement du monde : d'une part par les barreaux de la prison mais également par l'espace très clos de l'île. L'enfermement vécue par Torque est donc une manière de se retrouver face lui-même, et plus précisément une évaluation de son " humanité " véhiculée par vos choix. Plusieurs possibilités s'offrent alors à vous durant votre parcours, entre les cris cinglants parvenant des endroits les plus sombres, il vous faudra prendre une décision : venir en aide à vos homologues ou bien continuer votre chemin par peur d'affronter des monstres. Au premier abord, subtil dans cette démarche, The Suffering n'atteint pourtant pas la réflexion d'un Silent Hill, et la comparaison souligne cette disparité de façon flagrante. En effet, peu à peu, le joueur est obligé d'user de son arme jusqu'à plus soif, transformant la progression en véritable chemin de bataille. C'est d'autant plus vrai, que The Suffering, s'ajoute un élément bien distrayant : la possibilité pour Torque de se changer en monstre ! Cette option n'est pas prévue pour disserter des enjeux politiques de demain, c'est sûr, c'est plutôt un bon moyen d'éradiquer la menace efficacement.
Le titre de Midway n'est pas dénué de réflexions psychologiques pour autant, et prend comme fil conducteur la mort. Présente tout le long du jeu, elle se trouve ici représentée par les lieux indécents de la prison. Lors de votre progression, vous croiserez bien évidemment des monstres qui n'ont pas le sens de l'accueil. Il ne faudra pas leur en vouloir, vu leur aspect ont peut comprendre qu'ils ne soient pas ravis !
Proche de Silent Hill en moins malsain
La réalisation est loin d'être ce qui se fait de mieux et les graphismes sont plutôt médiocres, le plus gênant étant cet effet persistant d'aliasing. Le tout paraît forcément grossier en comparaison des titres concurrents, les décors extérieurs sont un brouillon qui auraient mérités plus d'attention de la part des développeurs. C'est d'autant plus regrettable que le lieu se prêtait à de bonnes idées. Tout n'est pas non plus noir sur le tableau, il faut reconnaître que l'architecture des intérieurs est souvent bien pensée et bénéficie de beaux jeux de lumières mais demeure sous-exploitée à cause de textures trop grossières. L'animation se révèle d'un meilleur niveau, les mouvements des assaillants comme ceux de Torque sont très bien rendus. La bande-son est très soignée, les cris de douleurs tout comme le bruit des métaux sont bien restituées. C'est là l'occasion idéale de brancher un son 5.1 et de se plonger dans un noir total. L'effet d'immersion est alors immédiat et l'ambiance acoustique prend toute son ampleur. La musique quand à elle soutient de manière hasardeuse votre évolution et participent au vide auquel vous êtes confronté.
La particularité du titre de Midway réside également dans sa jouabilité, s'inspirant d'un gameplay à la Halo, il vous propose une vue aussi bien subjective qu'à la troisième personne. On préfèrera néanmoins, évoluer avec cette dernière. La prise en main est difficile et ardue, elle requiert un bon temps d'adaptation avant de pouvoir profiter de son étendue. Une fois maîtrisée, on prend plaisir à constater que votre personnage est vif, contrairement à la quasi-totalité des survival-horror où vous dirigez un héros souvent pataud. La durée de vie, comme beaucoup d'autres titres du genre, est malheureusement trop limitée puisqu'une dizaine d'heures suffit à boucler le jeu. Les trois cinématiques alternatives viennent maigrement combler ce manque. On regrettera la linéarité du soft, étant donné que tous les éléments étaient présents pour éviter la lassitude.
The Suffering : Ties That Bind. Claustrophobe ? Moi ? Jamais !
Un an après le premier épisode, voilà que Midway remet le couvert, bien décidé à se réserver une place dans les rayons du survival-horror. Le contexte prendra place cette fois-ci dans la ville de Baltimore, ravagée par des monstres, fini donc les délires carcérales et bonjour le milieu urbain. Premier élément important, les possesseurs du premier volet auront l'occasion d'utiliser leur sauvegarde afin de continuer le jeu là où il s'était arrêté ! Une manière originale annonçant qu'il s'agît bien d'une suite directe. De plus, par rapport à la fin alternative que vous aurez débloqué dans l'ancienne sauvegarde dépendra également le cours de votre progression. Belle initiative de la part des développeurs qui devrait ravir les fans. Pour en revenir à l'histoire, Torque, après s'être échappé de l'île pénitentiaire, n'a pas le temps de clamer haut et fort sa liberté qu'il se doit de faire face à de nouvelles menaces. Bien décidé à vivre (en a t'il seulement encore le droit ?), l'ancien bagnard disposera d'un panel d'armes très diversifiés qui pèseront lourd dans l'inventaire. Du simple colt au lance-roquette en passant par le fusil à pompes et les cocktails molotov, Torque se dote de ressources aussi nécessaires qu'expéditives. La possibilité de se changer en monstre sera toujours de la partie. Mon instinct de détective me dit que les énigmes seront encore moins présentes que dans l'opus précédent (elles étaient déjà peu nombreuses). En effet, à l'heure actuelle on a rien qui ressemble à un minimum de réflexion. L'action devrait donc avoir la part belle dans cet épisode, l'éloignant de toute subtilité d'un Silent Hill. Le titre s'apparente plus à du " ménage de bestioles " qu'à une recherche approfondie encore décelable dans The Suffering premier du nom. Le côté survie est laissé de côté au profit d'un jeu de tir, seul le contexte horrifique n'est pas changé. Les stratégies consisteront essentiellement à se protéger des attaques ennemis (se couvrir derrière des voitures ou s'enfouir dans des trous au sol par exemple).
Côté monstres, il y aura de quoi faire avec l'ajout d'une quinzaine de nouvelles créatures. On retrouve également les drôles de zombies déformés par la douleur issu du précédent opus. Du chien à tête humaine à l'homme aux milles piqûres létales (remplacées ici par des seringues de drogues), sans oublier des ogres aux bouches tentaculaires, ce ne sont pas les câlins qui manqueront. Leur aspect est en corrélation avec le milieu urbain soulignant tout ce qu'il y a de plus sombre dans la vie citadine. Loin des bestioles, vous affronterez également des unités d'élites paramilitaires… Vous croiserez aussi des personnes qui ne vous veulent pas de mal (si, si, ça existe) au détour d'une ruelle. A commencer par Jordan, une femme en quête d'informations sur les mystérieuses créatures, ainsi que le docteur Killjoy. D'anciens démons viendront hanter Torque et en particulier le souvenir de sa femme… Est il fou ? La question reste toujours en suspend. Le jeu reprend la possibilité d'aider les personnes en danger. La décision de ces actions auront des répercussions sur l'ensemble du jeu mais seront aussi l'occasion d'augmenter sa jauge de " fureur ". Une fois pleine, elle vous autorise à vous transformer en bête, un élément à ne pas négliger durant les phases difficiles.
Au niveau du gameplay on retrouve la possibilité de choisir entre une vue subjective ou une vue à la troisième personne. Quelques améliorations ont étés ajoutés concernant les mouvements du héros tel que les sauts, qui faisaient souvent défaut dans le volet précédent, ainsi que la capacité de ramper contre mur ou de s'accroupir. Il reste encore un léger problème de caméra parfois mal placée. La qualité des graphismes a été revue à la hausse tout comme l'animation réaliste des protagonistes. Le niveau de détail est de bonne facture, et, le méchant effet d'aliasing du premier volet semble cette fois-ci banni. Les effets de lumières sont nombreux et bien élaborés au même titre que les textures salies composant la ville. Naturellement, les qualités visuelles s'en trouvent grandies sur Xbox en comparaison de la PS2. L'ambiance sonore n'est pas en reste, le peu qui nous a été permis d'écouter laisse présager une aussi bonne acoustique que celle du premier épisode. Malgré une réalisation qui devrait tenir ses promesses, on se pose néanmoins des questions concernant sa nouvelle orientation. En effet, le milieu carcéral était propice à évoquer les peurs les plus enfouies puisque intérieur. Il est peu probable de retrouver cette sensation durant cette nouvelle aventure. Ceci dit une bonne surprise est toujours possible. Le rendez-vous est donc donné pour septembre prochain sur PS2 et Xbox. |
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